Tiens, ça fait longtemps que j'ai pas posté. Il faut dire que je manque un peu de temps (et d'envie). Bon, du coup, je parle d'un sujet qui me tient à coeur.
Une amie à moi l'appelle "l'Ennemi". (authentique.)
Pourtant, j'en suis fier, j'aime énormément la musique de Renan Luce.
En fait je pense que beaucoup l'agonissent (du verbe agonir. Joli mot, isn't it?) par ce qu'il est l'incarnation même du chanteur de folk française, qui vend des disques par ce qu'il a su mettre au goût du jour des chefs d'œuvre d'un autre âge. Et c'est vrai que des chansons comme Monsieur Marcel sont du Brassens pur jus. Il n'a en effet pas inventé grand chose, pas bouleversé l'histoire de la musique. Bref, Certains diront, un Katy Perry de plus, encore une artiste marketté jusqu'au bout des ongles?
Ce qui, j'en conviens, peut effectivement irriter pas mal de monde... Pour plusieurs raisons, en fait, c'est malgré tout l'un de mes artistes favoris.
D'abord, il représente beaucoup à titre personnel. Je l'ai vu (et entendu) pour la première fois de ma vie à la remise du prix Charles Cros il y a trois ans. Le coup de foudre instantané comme j'en ai eu peu dans ma vie (en matière de musique). Il interprétait alors Repenti, un morceau que j'ai tout de suite apprécié. J'écoutais jusqu'alors essentiellement de la musique à la radio, j'ai été ébloui de découvrir qu'un mec sur scène avec juste une guitare acoustique pouvait faire des chansons aussi belles.
Aussi stupide que cela puisse paraitre, Renan Luce a d'abord été un mec avec une guitare. Pour préciser ma pensée, je dirais que la découverte d'une musique réduite à sa simple expression (sans postproduction, effets, etc...) m'a ouvert un nouvel horizon musical. Celui que je poursuis aujourd'hui. Tribute To R.
Et d'ailleurs, je me suis aussi sec penché vers mon voisin et prédis à Renan un avenir radieux. Mon jour de gloire, quoi. Mon voisin pouffa de rire, et, un an plus tard, je savourai enfin une revanche mesquine.
Et puis, Renan Luce, il faut lui laisser cela, il a du style.
Je veux dire, il a un don que j'admire, c'est le pouvoir de ses paroles, pleines d'ellipses et de sous entendus: Il a une capacité à ramasser ses paroles en une boule compacte de références qui évoquent tout de suite une ambiance, un esprit:
Des spaghettis, d'la sauce tomate,
Dans la banlieue nord de Dijon,
J'ai choisi la voie diplomate
Qui m'a évité la prison.
C'est le miracle Renan Luce. Quatre courtes lignes, et le décor est posé.
Moi, en tout cas, ces paroles m'évoquent illico la mafia italienne aux Etats Unis, le "traître" qui vend ses pairs pour sauver sa peau... Autant que jaurais pu restituer en trois feuillets.
Lui, quatre lignes. Fort, non?
Finalement Renan Luce, c'est la parfaite illustration de ma définition de l'art (et de la musique).
Renan Luce, c'est un beau voyage.
Un voyage dans les limbes d'un passé qui me semble si proche et si lointain, dans les odeurs de salade de pâtes à l'huile d'olive de la Maison de la Radio, des souvenirs de ma première révélation musicale, des souvenirs de M-L V., ma prof de Lettres...
Mais c'est aussi, la nostalgie, le sourire, la nostalgie satisfaite du passé... retrouvée à volonté.
Et c'est ce que j'aime chez Renan Luce.
Rien d'autre à dire, sinon que cette musique-là m'amène quelque part.
Mr. G
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